LA CYNOPHILIE EN FRANCE
 

 

 

Le Ministre de l’Agriculture et de la Forêt tient sous son autorité l’élevage canin mais la tenue du Livre des Origines (généalogie des chiens de toutes les races) a été confiée à une association reconnue d’utilité publique :

-La Société Centrale Canine.(SCC)

C’est un association sans but lucratif conforme à la loi de 1901, gérée par un Président, un Bureau, et un Comité élus par renouvellement partiel, grâce aux votes des représentants des clubs de races. Il existe aussi des organismes semblables dans tous les pays réunis par la Fédération Cynologique Internationale (FCI)

Les Sociétés Canines Régionales

Associations du même type que la SCC, elles regroupent tous les cynophiles des régions de France, certaines Sociétés Régionales sont formées par la réunion de plusieurs sections départementales ou bi départementales. Toutes les races y sont représentées. Les sociétés régionales organisent les expositions, les épreuves de travail adaptées aux diverses races de chasse, de déterrage, de bergers etc...-

Les Clubs de race

Associations 1901 aussi, les clubs regroupent les amateurs des chiens d’une race ou, parfois, de plusieurs races voisines à petit effectif. Formés aussi par élection d’un Comité par les membres du Club. Un Président et un Bureau, élus au sein du Comité, dirigent la race et sont soumis à l’appréciation des membres lors d’une Assemblée Générale annuelle. Le Comité se réunit deux à trois fois par an pour des décisions concernant les chiens, les manifestations, les jugements, la sélection et la promotion des meilleurs sujets.Le rôle d’un club est essentiel, il a tout pouvoir sur les orientations de la sélection. Un mauvais club, avec plein de bonne volonté et pas mal d’idées fausses, peut mettre une race en péril en conseillant des sélections mal pensées et des mesures autoritaires sans fondement. Un bon club est actif, organisant des manifestations nombreuses, des réunions, publiant des bulletins d’informations utiles. Il faut beaucoup de bénévoles, beaucoup de passionnés et le moins possible d’ambitions et de jalousies, une saine émulation suffit. 

Les Membres du club

C’est vous, c’est nous, adhérents volontaires de l’association par amour du chien, d’un chien, de notre chien et rien n’est plus réconfortant que la rencontre, grâce au club, d’autres passionnés du même chien.

La Cynophilie

C’est une maladie génétique, transmissible par hérédité, probablement venue du fond des âges des civilisations pastorales dont nous descendons. Cette maladie a des manifestations plus ou moins importantes : Au premier degré, on aime bien son chien, bâtard ou pas, sans en être orgueilleux ni faire partie d’un club quelconque. Plus fortement atteint, c’est l’adhésion au club, la recherche historique, la généalogie et, très vite, le mâle et la femelle, des petits, on en garde un ou deux, c’est la smala, on déménage pour avoir plus de place...on est fou ! Les épreuves de beauté, les concours de travail, on entre en cynophilie par la grande porte et après des années, des voyages, des réunions, pour peu que l’on soit dévoué et actif, c’est l’appartenance au comité, les tâches bénévoles, les stages etc... on devient expert puis juge. L’on finit par aimer tous les chiens.

Les Expositions

Elles ont pour but la sélection des sujets les plus parfaits au sein de chaque race. Ce n’est pas parcequ’un chien est beau et bien fait qu’il correspond au standard d’une race, il peut représenter un mélange de deux ou plusieurs races et ce n’est pas souhaitable. Mais pourquoi ce racisme en cynophilie ? La race pure est le garant de la reproduction des mêmes caractères chez les descendants, au physique et au moral, en aptitudes. Un joli mélange de chien courant et de berger risque de donner des descendants aussi peu aptes à garder les moutons qu’à poursuivre correctement un lièvre, il faut savoir ce que l’on veut et si l’on est berger, il est préférable de sélectionner et de faire reproduire des bergers nés de la même souche. C’est ce désir d’efficacité qui a poussé les utilisateurs à former des races et à y être fidèles. Pour d’autres races, c’est l’esthétique qui compte et la race pure est le seul moyen de retrouver dans la descendance le portrait fidèle du chien que l’on aime, il y en a pour tous les goûts. Par opposition, la descendance d’un corniaud est imprévisible et rarement ressemblante ou homogène.Les expositions sont faites pour affirmer, affiner les diverses races et les mettre en valeur auprès d’un public souvent peu averti. Un chien y fait une carrière utile si, à plusieurs reprises et présenté à des juges différents, il reçoit des mentions "excellent" et même des "Certificats d’Aptitude en Conformité au Standard" (CACS en France) ou Certificats d’Aptitude au Championnat de Beauté (CACB hors de France). Le Certificat d’Aptitude au Championnat International de Beauté (CACIB) est décerné par la FCI (Fédération Cynologique Internationale). Une "Réserve" est accordée au second chien s’il est aussi méritant que le premier, on dit alors RCACS ou RCACB et RCACIB. La consécration, c’est le Championnat International de Beauté ( deux CACIB dans deux pays différents pour les chiens de chasse) et, mieux encore, le Championnat de France obtenu à l’exposition de championnat (organisé chaque année à Longchamp par la SCC) ou lors de l’Exposition Nationale d’Élevage que tous les clubs importants organisent chaque année. (Dans ce cas-là, cela fait deux championnats par an et quatre champions nationaux, deux mâles et deux femelles). Bien sûr, tous les chiens ne sont pas champions mais les mentions comptent aussi :"l’excellent"est le gage d’un chien très satisfaisant avec lequel la reproduction est recommandée, le "très bon" est encore une appréciation assez flatteuse mais il y a des défauts et le juge les indique (attention! dans les mariages futurs, évitez le même défaut chez le partenaire sans pour autant rechercher le défaut inverse pour faire une moyenne, dans ces mariages entre deux chiens "à défauts contraires", il n’y aura pas de moyenne mais le double de défauts, en plus et en moins!). D’autres qualificatifs existent : le "bon", ce n’est pas bon, et "l’assez bon" encore moins et il y a pire: "l’insuffisant" indique clairement que le chien n’est pas de la race. (Les conditions pour être déclaré champion sont exposées plus loin).

Les Exposants

Il en est de plusieurs sortes, tous cynophiles mais il y a les novices et les éleveurs, ceux-là sont souvent aussi documentés sur la race que le juge lui-même, ils ont, depuis plus ou moins longtemps, élevé, sélectionné et choisi les plus beaux sujets. Ne vous attendez pas à leur voir présenter un "très bon", ils ont des chiens de premier choix et sont là pour valoriser leur élevage. Les novices connaissent moins bien la race, tout au moins leur manque-t-il le coup d’œil et l’esprit critique; leur chien leur paraît le plus beau et c’est une déception si le juge démolit gentiment leur idole. D’autres fois, sans rien y connaître, ils présentent un adonis, une merveille, ils gagnent et s’enorgueillissent sans songer que c’est l’éleveur qui a tout fait et leur a vendu un chien de premier plan.

Les Épreuves de travailLe TAN

(tests d’aptitudes naturelles)C’est le premier brevet et qui ne concerne que de très jeunes chiens (moins de trois ans, en fait la plupart du temps moins de deux ans). La capacité à la chasse s’apprécie alors sur la passion et l’arrêt sans la moindre exigence de dressage sauf un peu d’obéissance au rappel, c’est un brevet porteur d’avenir qui atteste que le chien est bien "de chasse" et "d’arrêter qu’il n’a pas peur du coup de fusil.

Le Field-Triall

Ce mot anglais est passé dans l’usage et signifie travail en campagne. C’est un monde beaucoup plus fermé où évoluent des juges de travail et bon nombre de professionnels du dressage (nous ne parlons que chien d’arrêt) car, du dressage, il en faut ! Le chien a un quart d’heure, vingt minutes pour trouver du gibier, s’il y en a , l’arrêter sans le faire voler, rester sage quand l’oiseau s’envole, rester sage quand le gibier est tiré (sur certains gibiers comme le perdreau au printemps une détonation remplace le tir) et aller, sur ordre, rapporter la pièce tombée sans hésiter ni lâcher l’oiseau et le donner assis à la main de son maître. Essayez pour voir ! Il est des concours plus difficiles que d’autres sur gibier naturel: le perdreau au printemps, la bécasse, la perdrix en montagne et même le coq de bruyère. Les chiens concourent en solo mais les champions courent en couple: deux chiens, deux conducteurs et que le meilleur gagne ! A noter qu’au cours de toutes ces épreuves, l’on a toujours derrière soi un ou deux juges qui voient tout, notent tout, ne vous passent rien et attribuent aux chiens les mêmes qualificatifs qu’en exposition; on retrouve l’excellent, le très bon, le bon et l’assez bon, l’insuffisant et les certificats d’aptitude au championnat (CACT avec T pour travail et CACIT pour International et les mêmes "Réserves" pour les seconds aussi méritants que les premiers (ces réserves servent si le premier est déjà champion, le possesseur de la réserve peut alors être considéré comme premier, la RCAC devient CAC et compte pour le futur championnat du chien "second derrière champion").Deux récompenses sont encore données dans des cas particuliers:La MTHR (Mention Très Honorable Réservée) que le juge peut accorder à un chien très méritant qui a eu un incident de parcours.Le CQN (Certificat de Qualités Naturelles) récompense un sujet brillant mais qui manque de dressage.Le Brevet International de Chasse PratiqueCe type d’épreuve est plus nouveau et ne jouit pas encore de la popularité du Field-Trial. D’inspiration allemande, il a été mis au point et codifié par un cynophile alsacien de talent : Monsieur OHL. Le travail demandé est orienté vers le côté "pratique" de la chasse. Les mêmes juges, les mêmes chiens mais la finesse du dressage est moins mise en avant, que le chien arrête et se comporte en styliste, qu’il ne gêne pas le tir (tout se passe sur gibier tiré) mais il peut bouger un peu, qu’il rapporte et c’est bien. Ce n’est pas tout, l’épreuve se complète par un travail à l’eau où le chien doit retrouver un canard désailé, perdu dans la végétation d’un étang, le poursuivre dans l’eau et le rapporter, une fois tué, en nageant en eau profonde. C’est un travail complet, sans compétition, les chiens reçoivent un brevet de première, deuxième ou troisième catégorie suivant la qualité de leur prestation et rien du tout s’ils n’ont pas satisfait aux épreuves.

Les Concours Saint Hubert

Le chien compte encore dans le St Hubert mais pas plus que le maître, c’est le couple qui est jugé. Organisées par les Régionales et les Fédérations de chasseurs, ces épreuves se veulent une illustration de l’éthique de la chasse au chien d’arrêt. Il faut un chien bien dressé et de qualité pour faire bonne figure et le bon niveau est difficile à atteindre. Même entraînement que pour le Field ou le BICP avec, en plus, la nécessité d’être bon chasseur, bon tireur et bon maître. Aucune récompense en vue d’un championnat n’est distribuée mais des cadeaux et..la gloire.

Conclusion

Nous avons essayé, dans ce préambule, d’informer les néophytes sur les principaux points de cette innocente passion qu’est l’amour des chiens et la lourde organisation à laquelle elle a donné naissance. Beaucoup de termes inusités ailleurs, le monde du chien a son jargon; beaucoup de sigles peu compréhensibles si l’on a pas la clef, ce monde a ses mystères; beaucoup de règlements, ce monde a ses rigueurs, nous le verrons plus tard tout au long de cet opuscule justement fait pour des amateurs nouvellement introduits dans cette assemblée de fous du chien.

 
   
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